Référence nationale

Blattes et cafards : les reconnaître, les éliminer, éviter le retour

Un cafard aperçu la nuit dans la cuisine n'est presque jamais un cas isolé : ces insectes se reproduisent vite, se cachent le jour et développent des résistances aux insecticides. Une infestation de blattes est aussi un vrai sujet de santé — allergènes, contamination alimentaire — et, pour les commerces de bouche, un risque réglementaire immédiat. Ce guide explique comment reconnaître l'espèce en cause, pourquoi il faut agir vite, et pourquoi le traitement professionnel fait la différence.

  • Pros certifiés
  • Rappel sous 24 h
  • Devis sans engagement
Planche naturaliste : blatte germanique (Blattella germanica) dessinée de dessus
Blattella germanica — planche d'identification

Les chiffres à retenir

œufs par oothèque pour la blatte germanique
30 à 40œufs par oothèque pour la blatte germaniqueLa femelle porte la capsule sur elle jusqu'à l'éclosion : elle n'est pas atteinte par un produit déposé sur les surfaces.University of Florida / IFAS Extension — « German Cockroach, Blattella germanica », EENY-002 (S. Valles, révision août 2025)
cycle complet de l'œuf à l'adulte, à température ambiante
≈ 100 jourscycle complet de l'œuf à l'adulte, à température ambianteDont environ 60 jours pour le seul développement des nymphes. La chaleur et l'humidité raccourcissent ces durées.University of Florida / IFAS Extension — « German Cockroach, Blattella germanica », EENY-002 (S. Valles, révision août 2025)
obligation de plan de lutte pour les métiers de bouche
HACCPobligation de plan de lutte pour les métiers de boucheLe paquet hygiène impose une maîtrise documentée des dangers sanitaires, dont la lutte contre les nuisibles.EUR-Lex — règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires

Reconnaître les blattes présentes en France

On parle indifféremment de « blattes » ou de « cafards ». Quatre espèces circulent en France, mais une domine largement les interventions :

  • La blatte germanique (Blattella germanica) — la plus fréquente. Petite (environ 1,5 cm), brun clair, avec deux bandes sombres sur le corselet. Elle colonise les cuisines, salles de bains et locaux de restauration, partout où il fait chaud et humide. C'est la plus difficile à éradiquer.
  • La blatte orientale (Blatta orientalis) — plus grosse et sombre, amatrice de caves, canalisations et sous-sols.
  • La blatte américaine (Periplaneta americana) — grande, brun-rouge, présente dans les réseaux, les vide-ordures et les zones chaudes.
  • La blatte rayée, plus rare en habitat.

Identifier l'espèce oriente tout le traitement : c'est la première chose que nos pros déterminent sur place.

L'écart pratique entre ces espèces est plus grand qu'il n'y paraît. Une germanique vit dans la pièce qu'elle infeste, au plus près de la chaleur et de l'eau, et sa colonie se reconstitue sur place dès qu'un foyer est oublié. Une orientale ou une américaine vient le plus souvent d'ailleurs — cave, réseau, vide-ordures, local poubelles — et remonte. Dans le premier cas, le travail porte sur les caches de la pièce ; dans le second, il porte d'abord sur le point d'entrée, et traiter la cuisine sans traiter la colonne ne fait que répéter l'intervention.

Les trois espèces à savoir distinguer

Identifier l'espèce oriente tout le traitement. Voici les repères visuels utilisés par nos professionnels.

  • Blatte germanique (Blattella germanica) vue de dessus

    Blatte germanique

    Blattella germanica

    ~1,5 cm, brun clair, deux bandes sombres sur le pronotum.

  • Blatte orientale (Blatta orientalis) vue de dessus

    Blatte orientale

    Blatta orientalis

    Plus grosse, brun très foncé, luisante.

  • Blatte américaine (Periplaneta americana) vue de dessus

    Blatte américaine

    Periplaneta americana

    Grande, brun-rouge, anneau clair sur le pronotum.

Préparer l'intervention sans la saboter

Ces étapes se font dans l'ordre, et chacune conditionne la suivante. Elles ne remplacent pas le traitement : elles décident de ce qu'il pourra atteindre. Comptez une soirée pour les cinq premières.

  1. Ne rien pulvériser

    À partir du moment où une intervention est prévue, arrêtez tout insecticide en aérosol ou en diffuseur. Les produits répulsifs dispersent la colonie vers des zones non traitées et rendent les appâts moins attractifs. Si vous en avez déjà employé, dites-le : cela change les points de pose.

  2. Repérer et noter les observations

    Une heure après l'extinction des lumières, lampe en main, inspectez l'arrière du réfrigérateur, le dessous de l'évier, le lave-vaisselle, les charnières de placards et les plinthes. Notez l'endroit et la date de chaque observation, et photographiez un insecte de près. Cette carte oriente la pose bien mieux qu'une visite de jour.

  3. Dégager l'accès aux caches

    Videz les placards bas et les tiroirs des zones concernées, écartez l'électroménager du mur quand c'est possible, et sortez ce qui est entreposé sous l'évier. Ce qui reste inaccessible ne sera pas traité. Rangez le contenu dans des bacs fermés, dans une pièce non concernée — jamais dans le couloir ni à la cave.

  4. Tarir l'eau et la nourriture, sans dégraisser les points de pose

    Réparez les fuites, essuyez les bacs de douche et les éviers le soir, stockez les denrées ouvertes en boîtes hermétiques et sortez les poubelles chaque jour. En revanche, ne dégraissez pas à fond les plinthes ni l'arrière des meubles : vous effaceriez les traces qui indiquent les caches et laisseriez des résidus qui empêchent le gel d'adhérer.

  5. Prévenir le syndic et les voisins en immeuble

    Signalez au syndic en même temps qu'au bailleur : les deux démarches sont distinctes. Demandez que les logements concernés soient traités le même jour et que les parties communes et les colonnes le soient aussi. Un appartement traité seul dans un immeuble infesté est recolonisé par le mur.

  6. Laisser agir, puis ne pas nettoyer les appâts

    Les jours qui suivent, il est normal de voir davantage d'insectes, y compris en journée. Ne pulvérisez pas, ne déplacez pas les dispositifs et ne nettoyez pas les points de gel : le produit agit par ingestion puis par transfert entre individus, ce qui demande plusieurs jours.

  7. Faire le passage de contrôle

    Un second passage se cale sur l'éclosion des œufs portés au moment du premier, soit environ trois semaines. C'est lui qui traite la génération que rien n'atteignait auparavant. Conservez le compte rendu : produits, zones traitées, dates — c'est la pièce utile face à un bailleur, un syndic ou un contrôle.

Ce qu'on prend souvent pour un cafard

Tous les insectes bruns qui détalent sous l'évier ne sont pas des blattes, et l'erreur d'identification coûte un traitement entier. Trois confusions reviennent :

  • Le grillon domestique. Brun, rapide, amateur de chaleur lui aussi — mais il saute, il stridule, et ses pattes arrière sont visiblement développées. Une blatte ne saute pas.
  • Les jeunes blattes et les autres petits insectes de cuisine. Une nymphe de germanique est minuscule, sombre, et porte déjà les deux bandes du corselet : c'est le détail qui tranche, et il se voit mieux en photo agrandie qu'à l'œil nu.
  • Les insectes des denrées — vrillettes, tribolium, mites alimentaires. Ils vivent dans les paquets, pas dans les recoins chauds, et leur présence signale un produit stocké contaminé plutôt qu'une infestation du local.

Le réflexe utile tient en une phrase : photographiez l'insecte avant de le tuer, et gardez la photo. Une identification faite sur une description verbale (« brun, petit, rapide ») n'oriente rien ; une photo nette décide de l'espèce, donc de la méthode, dès le premier échange.

Pourquoi une infestation explose si vite

La blatte germanique est une championne de la reproduction. Chaque oothèque — la capsule d'œufs que la femelle transporte sur elle jusqu'à l'éclosion — en contient 30 à 40. Sur le nombre de capsules qu'une femelle produit au cours de sa vie, les références entomologiques divergent nettement, et nous ne tranchons pas : c'est pourquoi ce nombre n'est pas affiché en exergue, alors qu'il est partout ailleurs.

Ce qui est établi, en revanche, c'est le calendrier : le cycle complet, de l'œuf à l'adulte, demande environ 100 jours à température ambiante, dont une soixantaine pour le seul développement des nymphes — et la chaleur raccourcit l'ensemble. Quelques individus deviennent donc une colonie en peu de temps, et chaque semaine d'attente rend l'éradication plus longue et plus coûteuse.

Les cafards recherchent chaleur, humidité et nourriture : derrière l'électroménager, sous les éviers, dans les gaines techniques, les plinthes et les fissures. En immeuble, ils circulent d'un logement à l'autre par les canalisations et les colonnes techniques — d'où l'importance de traiter au-delà d'un seul appartement.

Le détail qui commande la conduite du traitement n'est pas le nombre d'œufs : c'est où se trouve la capsule. Portée par la femelle, elle suit l'insecte dans ses caches et n'est pas exposée à un produit déposé sur une surface. Autrement dit, la génération suivante est déjà à l'abri au moment où l'on traite. C'est la raison pour laquelle un traitement de blattes se juge sur deux passages, et pourquoi la date du second se cale sur l'éclosion plutôt que sur un planning.

Où regarder, concrètement, avant d'appeler

Une inspection faite avant l'intervention fait gagner un passage. Elle ne demande qu'une lampe de poche et un moment de calme, de préférence une heure après l'extinction des lumières : l'espèce est nocturne, et c'est le moment où elle sort.

Les endroits à éclairer, dans cet ordre — ce sont ceux qui cumulent chaleur, humidité et abri :

  • L'arrière et le dessous du réfrigérateur, en particulier la grille du compresseur : c'est le point chaud permanent d'une cuisine, et la cache la plus fréquente.
  • Le lave-vaisselle et la machine à laver, sous le socle et le long des tuyaux d'arrivée.
  • Le dessous de l'évier : siphon, passage de canalisation à travers le mur, jonction du plan de travail.
  • Les charnières et les angles supérieurs des placards, surtout ceux qui touchent un mur porteur ou une gaine.
  • Les plinthes décollées, les joints ouverts et les passages de câbles — une blatte germanique se glisse dans un interstice de l'épaisseur d'une pièce de monnaie.
  • Le petit électroménager rarement déplacé : cafetière, grille-pain, micro-ondes. Le compartiment moteur d'une machine à café reste tiède toute la journée.

Ce que vous cherchez n'est pas seulement l'insecte vivant : ce sont les traces, qui restent quand lui se cache. Notez sur un papier, ou en photo, l'endroit exact de chaque observation et la date. Cette carte vaut plus qu'une estimation orale au moment du devis, parce qu'elle dit ce qu'une visite de jour ne peut pas voir.

Un détail qui change le diagnostic en immeuble : si les traces se concentrent autour du passage des colonnes — derrière le coffrage, au niveau du sol de la salle de bains, le long d'une descente d'eau — l'origine est probablement collective, et le traitement d'un seul logement sera défait par les voisins.

Les signes qui doivent alerter

  • Des cafards vivants aperçus la nuit qui fuient la lumière (les voir de jour signale déjà une forte densité).
  • De petites déjections noires façon grains de poivre le long des plinthes, dans les placards ou derrière l'électroménager.
  • Une odeur caractéristique, sucrée et désagréable, quand l'infestation est installée.
  • Des oothèques (capsules brunes) et des mues dans les recoins chauds.

Ces quatre signes ne se valent pas. Les déjections disent où la colonie vit, et c'est l'information la plus utile : elles s'accumulent aux points de repos, donc à l'aplomb des caches. Les mues et les capsules vides disent que la population se reproduit sur place, et non qu'elle passe. L'odeur, elle, n'apparaît que sur une infestation installée : la sentir n'est pas un début, c'est un retard.

Les risques sanitaires : allergies et contamination

La blatte n'est pas qu'un problème de dégoût. Ses déjections, ses mues et ses cadavres libèrent des protéines allergènes qui peuvent déclencher asthme, rhinites allergiques et réactions cutanées (urticaire), en particulier chez les enfants et les personnes sensibles. C'est un facteur reconnu d'asthme en milieu domestique.

En se déplaçant entre poubelles, canalisations et réserves alimentaires, la blatte transporte aussi des bactéries (salmonelles, E. coli) et peut contaminer denrées et surfaces, avec un risque de salmonellose, gastro-entérites et intoxications alimentaires. Dans un logement comme dans un commerce, c'est un enjeu d'hygiène sérieux.

Une conséquence pratique passe souvent inaperçue : le risque allergénique ne disparaît pas avec les insectes. Les allergènes sont dans la poussière, et ils y restent après la fin d'une infestation tant que les zones de repos n'ont pas été nettoyées. C'est pourquoi le nettoyage d'après-traitement compte autant que le traitement lui-même dans un logement où quelqu'un est asthmatique — et pourquoi il se fait à l'humide plutôt qu'au balai, qui remet la poussière en suspension.

Ce que nous ne publions pas, et c'est volontaire : aucune part de la population française sensibilisée aux allergènes de blatte, aucune fréquence d'infestation du parc de logements. Aucune source nationale identifiable ne les établit. Le détail de ce que l'on sait et de ce que personne ne mesure est sur notre page de chiffres clés.

Pourquoi les produits du commerce déçoivent

C'est la question qui revient le plus, et il existe pour une fois des données de terrain plutôt que des avis.

Sur la résistance : une étude publiée dans Scientific Reports en 2019 a comparé pendant six mois trois stratégies dans des immeubles d'habitation. Une matière active unique n'a fonctionné que là où la résistance de départ était faible ; la rotation des matières actives n'a rien donné ; et un mélange appliqué en pulvérisation a fait augmenter les effectifs sur les deux sites, en dispersant les insectes vers des logements jusque-là indemnes. Ce que ces résultats disent n'est pas que les insecticides seraient inutiles, mais que la stratégie compte davantage que la molécule — et qu'une mauvaise stratégie peut aggraver la situation au lieu de la laisser stable.

Sur les bombes et diffuseurs automatiques — ce que l'on appelle communément un « fogger » : une étude publiée dans BMC Public Health en 2019 a testé quatre produits de ce type dans des logements réellement infestés, sur un mois, en les comparant à un traitement par gel appât. Les diffuseurs n'ont produit aucune réduction des populations, alors que le gel en produisait une, nette, dès deux semaines. Les mêmes mesures ont montré que les dépôts d'insecticide sur les surfaces horizontales de cuisine augmentaient massivement après la diffusion. Autrement dit : l'insecte n'est pas atteint là où il se trouve, et le produit se retrouve là où l'on prépare à manger.

L'explication tient à la biologie, pas à la marque du produit. Une blatte passe l'essentiel de son temps dans des interstices que l'aérosol n'atteint pas, et la capsule d'œufs est portée par une femelle qui s'y cache. Un brouillard traverse la pièce ; la colonie, elle, est dans le mur.

Ces travaux ont été menés à l'étranger, et nous ne les présentons pas pour autre chose que ce qu'ils sont : des mesures faites ailleurs, sur des souches locales. Le niveau de résistance des populations françaises n'est, lui, pas publié. Le détail de ces études, avec leurs limites, est sur notre page de chiffres clés.

Les gestes qui aggravent une infestation

Quatre réflexes reviennent systématiquement, et chacun rend le traitement suivant plus difficile :

  1. Pulvériser un insecticide dans les caches. C'est le geste le plus coûteux. Les produits répulsifs font fuir les insectes vers des zones non traitées — dans un immeuble, vers les logements voisins. Une colonie dispersée est plus longue à traiter qu'une colonie concentrée, et elle revient d'un endroit que personne n'a inspecté.
  2. Nettoyer les surfaces juste avant l'intervention. Un dégraissage énergique des plinthes et de l'arrière des meubles efface les traces qui indiquent les caches, et laisse des résidus qui empêchent le gel d'adhérer. Le nettoyage utile vient après la pose, pas avant, et il épargne les points traités.
  3. Déplacer les cartons et les meubles infestés dans une autre pièce, ou les descendre à la cave. C'est la manière la plus rapide de créer un second foyer. Ce qui sort d'une zone infestée sort de l'appartement, pas dans le couloir.
  4. Traiter seul et attendre. Le risque n'est pas l'échec : c'est le délai. Une colonie qui a doublé pendant les trois mois d'essais successifs coûte un traitement plus long, dans un logement où les caches se sont multipliées.

Un cinquième réflexe mérite d'être nommé à part parce qu'il paraît vertueux : retirer les appâts posés par le professionnel parce qu'ils sont visibles ou salissants. Le gel agit par ingestion puis par transfert entre individus, ce qui prend des jours. Le retirer au bout de quarante-huit heures interrompt exactement le mécanisme pour lequel on a payé.

Pourquoi faire appel à un professionnel

Trois raisons de fond :

  1. La résistance aux insecticides. Les blattes germaniques développent vite une résistance aux substances actives. Un traitement efficace varie les modes d'action (pas seulement les molécules) — ce qu'un produit unique de grande surface ne fait pas.
  2. La méthode fait tout. Le standard professionnel, c'est le gel appât (souvent à base d'imidaclopride) placé aux points stratégiques — coins chauds, charnières, plinthes, là où se cachent les femelles gravides — complété de traitements de fissures, puis un second passage vers trois semaines, au moment de l'éclosion des jeunes. Sans ce suivi, la colonie repart.
  3. L'hygiène est le premier levier. Résidus alimentaires, graisses et humidité nourrissent l'infestation : nos pros intègrent des recommandations d'hygiène et d'exclusion, sans lesquelles aucun traitement ne tient dans la durée.

S'y ajoute une raison moins technique, et qui pèse : la traçabilité. Un applicateur certifié remet un compte rendu — produits employés et leurs fiches de données de sécurité, zones traitées, emplacement des dispositifs, dates de passage. En logement, c'est la pièce qu'un locataire produit face à un bailleur, ou un bailleur face à un locataire. En cuisine professionnelle, c'est exactement ce qu'un contrôle demande à voir. Un traitement fait soi-même ne laisse aucune trace opposable, même quand il a fonctionné.

Ce qu'aucun professionnel sérieux ne vous annoncera, en revanche, c'est un délai d'éradication avant d'avoir vu les lieux. La durée dépend de l'espèce, de la densité, de l'accès aux caches et du niveau de préparation — et, en immeuble, de ce que font les voisins. Un délai promis au téléphone est un argument de vente, pas un diagnostic.

Choisir un prestataire : les questions qui trient

Les devis se ressemblent, les prestations non. Quatre questions suffisent à écarter l'essentiel de ce qui ne tiendra pas, et elles se posent au téléphone, avant la visite.

  1. « Le second passage est-il compris ? » C'est la question qui sépare un traitement d'une pulvérisation. Une colonie de germaniques ne se juge pas sur le premier passage, puisque la génération suivante est portée à l'abri au moment où l'on traite. Un devis sans passage de contrôle est un devis pour la moitié du travail.
  2. « Quelle certification, et qui intervient ? » Les insecticides employés contre les blattes sont des produits biocides dont l'usage professionnel est réglementé. Demandez le nom de l'intervenant et sa certification, pas celui de l'enseigne.
  3. « Que me remettez-vous après l'intervention ? » La réponse attendue est un compte rendu : produits et fiches de données de sécurité, zones traitées, emplacement des dispositifs, dates. C'est ce qui vaut preuve face à un bailleur, un syndic ou un contrôle — et ce qu'un prestataire qui n'en produit pas ne pourra pas fournir plus tard.
  4. « Que faites-vous si l'immeuble est concerné ? » Un prestataire qui traite un appartement sans poser la question des colonnes et des logements voisins vous vendra le même traitement deux fois.

Deux réponses doivent au contraire vous faire reculer : un délai d'éradication annoncé avant la visite, et un seuil réglementaire chiffré invoqué pour presser une signature. Ni l'un ni l'autre ne repose sur quoi que ce soit de vérifiable ; ce sont des arguments de vente.

En immeuble, le traitement se décide à l'échelle du bâtiment

C'est le point sur lequel les traitements échouent le plus souvent, et il n'est pas technique : il est organisationnel.

Les blattes circulent par les colonnes d'eau, les gaines électriques, les vides de plancher et les coffrages. Un appartement traité seul, dans un immeuble où deux autres logements sont infestés, est recolonisé — et la recolonisation passe inaperçue pendant quelques semaines, le temps que la densité remonte. L'occupant conclut que « le traitement n'a pas marché », alors qu'il a marché chez lui.

Concrètement, cela veut dire trois choses. D'abord, signaler au syndic en même temps qu'au bailleur : les deux démarches sont distinctes, et l'une ne déclenche pas l'autre. Ensuite, accepter que le traitement des parties communes et des colonnes relève du syndic, qui peut l'engager sans attendre l'assemblée générale lorsque l'urgence sanitaire le justifie, la dépense relevant des charges communes. Enfin, obtenir que les logements concernés soient traités le même jour : un décalage d'une semaine entre deux appartements voisins suffit à déplacer la colonie de l'un vers l'autre.

C'est aussi ce qui rend l'exception d'imputation au locataire difficile à soutenir pour cette espèce : elle n'entre pas par la porte, elle arrive par le mur. Le détail des obligations — bailleur, syndic, occupant — est sur notre page consacrée à la réglementation.

Cafards et commerces de bouche : une obligation réglementaire

Pour les restaurants, boulangeries, cuisines collectives et métiers de bouche, la lutte contre les nuisibles n'est pas optionnelle. Le paquet hygiène européen (règlement CE n° 852/2004) impose une maîtrise des dangers sanitaires selon les principes HACCP, ce qui suppose un plan de lutte contre les nuisibles documenté : produits utilisés, fiches de données de sécurité, zones traitées, emplacement des pièges, fréquences d'intervention. L'arrêté du 21 décembre 2009 décline ces exigences pour le commerce de détail et la restauration, en imposant des locaux conçus et entretenus de façon à prévenir la présence de nuisibles.

Ce que ces textes n'écrivent pas, et que nous n'écrirons donc pas non plus : un seuil. Aucun d'eux ne fixe un nombre d'insectes à partir duquel un établissement ferme. La présence de nuisibles en zone de manipulation des denrées est un motif de non-conformité, relevé comme tel ; la suite — avertissement, mise en demeure, mesure administrative — se décide au vu de l'ensemble du rapport de contrôle et de l'historique de l'établissement, pas sur un décompte. Un professionnel qui vous vend un contrat en annonçant un seuil chiffré vous vend une peur, pas une obligation.

Ce qui est réellement exigible, en revanche, est précis : la maîtrise du risque et la capacité à la démontrer. Aucun texte cité ici n'impose nommément un contrat de désinsectisation — c'est le moyen le plus courant d'y parvenir, il n'est pas le seul, et il ne suffit pas s'il ne produit ni relevé, ni constat, ni action corrective documentée. Un passage trimestriel sans traçabilité ne prouve rien de plus qu'une absence de passage.

En logement, la même logique de décence s'applique qu'ailleurs : un logement doit être exempt de nuisibles, et la prise en charge revient en principe au propriétaire (sauf faute du locataire).

Après le traitement : ce qui décide du retour

Un traitement réussi ne se juge pas le lendemain. Les premiers jours voient souvent plus d'insectes visibles, y compris en journée : le gel agit, les individus affaiblis sortent de leurs caches. C'est le signe attendu, pas un échec — et c'est précisément le moment où l'on est tenté de pulvériser, ce qui ruine le dispositif.

Ce qui décide vraiment du retour tient en quatre points, et trois d'entre eux ne coûtent rien :

  • Laisser les appâts en place jusqu'au passage de contrôle, sans les nettoyer ni les déplacer.
  • Tarir l'eau. Une fuite de siphon, un joint de douche ouvert, une bassine qui reste pleine : la blatte survit longtemps sans nourriture, beaucoup moins sans eau. C'est le levier le plus sous-estimé.
  • Supprimer les miettes et les graisses des zones chaudes — dessous et arrière de l'électroménager, rail du tiroir à couverts, joint de porte du four — plutôt que les surfaces visibles, déjà propres.
  • Fermer les interstices : joints de plinthe, passages de canalisation à travers un mur, coffrage de colonne. C'est ce qui empêche la recolonisation par les voisins, et c'est la seule mesure durable dans un immeuble.

Un dernier point, qui vaut pour les cuisines professionnelles comme pour les logements : les cartons de livraison sont la principale voie d'introduction. Les déballer à l'entrée, ne pas stocker le carton ondulé près des zones chaudes et évacuer les emballages le jour même supprime la porte d'entrée la plus empruntée. C'est une habitude, pas un investissement.

Faire intervenir un professionnel certifié

Ce que fait un applicateur, le déroulé d'une intervention et ce qui fait varier le coût.

Découvrir

Restauration et métiers de bouche

Intervention ponctuelle ou contrat, et les pièces que la prestation doit vous fournir.

Découvrir

Ce que dit la loi

Locataire, bailleur, copropriété, restauration : qui doit traiter, qui paie, et quels recours.

Découvrir

Trouver un professionnel près de chez moi

Les départements couverts et votre commune.

Découvrir

Blattes et cafards : les chiffres et leurs sources

Ce que la biologie et la recherche établissent, ce que le droit impose, et ce que personne ne mesure en France.

Découvrir

Appâts gel contre les blattes : mode d'action, transfert et rotation des matières actives

Effet de transfert, aversion au glucose, rotation des matières actives et cadre biocide TP18 : ce qui fait qu'un appâtage gel…

Découvrir

Biologie de la blatte germanique : pourquoi c'est elle qui pose problème

Oothèque portée jusqu'à l'éclosion, développement rapide, besoin de chaleur et d'humidité : ce qui distingue la blatte germanique…

Découvrir

Un insecte dans la cuisine : blatte, ou autre chose ?

Poisson d'argent, psoque, dermeste, charançon, blatte : les critères qui distinguent ces insectes de cuisine, et pourquoi le…

Découvrir

Après le traitement : ce qui est normal, ce qui ne l'est pas

Recrudescence des premiers jours, individus visibles en journée, délai avant jugement : comment lire les semaines qui suivent une…

Découvrir

Blattes en boulangerie et en commerce alimentaire : le four, la farine et la nuit

Chaleur du fournil, farine, chambres de pousse, réserve : pourquoi un commerce alimentaire de bouche concentre les blattes et ce…

Découvrir

Blattes au bureau : machine à café, tisanerie et faux plancher

Machine à café, coin repas, faux plancher technique, local déchets : pourquoi des bureaux abritent des blattes et comment…

Découvrir

Tous nos guides

FAQ

Questions fréquentes

Souvent, oui : les blattes sont nocturnes et se cachent. En voir un, surtout de jour, signale généralement une colonie déjà installée. Mieux vaut diagnostiquer tôt.

Intervention près de chez vous

Faire intervenir un professionnel Cafouille

Vous avez vu un cafard dans la cuisine, ou des traces suspectes ? Agissez tôt : c'est là que le traitement est le plus simple. Décrivez votre situation en quelques minutes — un professionnel certifié près de chez vous vous recontacte pour poser un diagnostic et un plan de traitement adapté.